La collapsologie, qu’est-ce que c’est ?

Introduction

La collapsologie est un terme qui désigne l’effondrement de notre société telle que nous la connaissons. L’idée d’un dysfonctionnement mondial, tant au niveau politique que social et économique, est plus que jamais d’actualité. Les réserves de matières premières baissent grandement, tandis que nos besoins augmentent également énormément. Les tensions politiques entre les pays engendrent des guerres interminables dans le monde entier. Les plus riches sont de plus en plus riches alors qu’il se passe l’inverse pour les pauvres.

Cependant, tout ceci ne fait pas du bien à la Terre et à l’Humanité. Je vous propose donc un petit article sur le sujet, basé en partie sur une conférence que je suis allé voir en décembre dernier s’intitulant « Comment penser l’effondrement de notre civilisation » avec P. Servigne et R. Stevens.

Qu’est-ce qui « favorise » l’avancée vers ce « crash » ?

Le système économique

Le système économique est l’un des points qui « favorise » l’avancée vers ce « crash ». On veut toujours plus d’argent, tout en dépensant le moins possible. Cette mentalité mène à de gros problèmes écologiques, en partie. Par exemple, le fait de mettre de l’eau potable dans les toilettes car ça coûte moins cher que de récupérer l’eau de pluie et de l’utiliser à la place d’une eau que l’on peut boire est pour moi une des pires choses qui se fait. Ceci réduit donc les ressources en eau potable et suit la courbe du graphique présenté ci-dessous.

Les banques sont également concernées, mais le sujet est plus compliqué à expliquer et je ne pourrais pas le faire. Je citerai tout de même la banque Lehman Brothers qui a fait faillite en 2008 aux États-Unis suite à la crise des « subprimes », entraînant avec elle de nombreuses familles qui ont dû quitter leur maison empruntée à la banque. Le jeu en bourse peut également faire des ravages et il pourrait se passer la même chose qu’avec Lehman Brothers en cas de faillite d’une autre banque.

Les technologies

Un autre domaine très peu écologique concerne les technologies. Pour produire une puce de 2g, il faut 32 litres d’eau, quand on voit le nombre de puces produites, le calcul est vite fait. Ensuite, les batteries au lithium sont également très mauvaises pour l’environnement, non seulement au niveau de l’extraction du lithium, mais également une fois que ces batteries sont devenues inutilisables. Les entreprises qui fabriquent nos produits électroniques en Asie polluent bon nombre de lacs et rivières en déversant des métaux lourds et autres composés hautement toxiques. Vous pouvez regarder le reportage « Les secrets inavouables de nos téléphones portables » de Cash Investigation pour plus d’informations à ce sujet.

les technologies nous poussent vers ce « crash » car les ressources utilisées baissent de plus en plus tandis que la demande augmente. Il va en résulter une baisse de la production industrielle et donc une baisse de services disponibles, puis une baisse des emplois entraînant pauvreté et risque d’instabilité dans la société.

La société

Et oui, la société telle qu’elle est aujourd’hui nous amène tout droit vers cet effondrement. On veut toujours plus en dépensant moins, on veut toujours le dernier appareil et ce même si l’ancien fonctionne encore, je dois avouer que je suis parfois victime de ceci aussi. La consommation de nourriture est bien trop grande et les quantités jetées sont simplement exorbitantes.

Les États

Les pays du monde devraient prendre de vraies décisions concernant le climat, mais aussi l’économie et la société en général. Malheureusement, l’argent est encore maître de toutes les choses pour l’instant. La COP21 n’a pas servi à grand chose, tous les pays étaient d’accord sur le fait qu’il fallait réduire les émissions de CO2, mais si ce n’est pas fait, aucune sanction ne sera mise en place (du moins pas selon le texte signé). De plus, la Chine s’engage à utiliser moins d’énergies fossiles pour exploiter plus d’énergies renouvelables (ce qui est bien), mais également en utilisant plus le nucléaire…

Un petit graphique

Voici un graphique (pas très clair je l’admets) issu de la conférence qui indique comment les ressources, la nourriture, la population, la production de services, la pollution (tout en bas) ainsi que la production industrielle vont évoluer au cours des prochaines années.

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Les lignes pointillées représentent des prédictions faites par un programme qui simulait l’avancée du monde à partir de 1970 environ, avec toutes sortes de données de l’époque. Les lignes pleines représentent l’évolution réelle au cours des dernières années avec les données que l’on a récolté. On peut voir que malgré quelques différences, le programme a pour l’instant fait des prédictions plutôt correctes, la suite l’est-elle aussi ?

La lecture du graphique étant quelque peu difficile, voici les différentes informations plus claires :

  • La production industrielle chute après 2010 (environ 2017)
  • La pollution continue d’augmenter en 2010 et ce jusqu’en 2040 à peu près, elle baisse bien après la production industrielle
  • La population atteint son pic à peu près en 2030 avant qu’elle ne commence à baisser pour atteindre en 2100 le même niveau que dans les années 80
  • La production de services augmente jusqu’en 2020 avant de baisser drastiquement
  • Les ressources de nourritures baissent grandement en 2020, en 2040 elles seront égales à celles disponibles en 1900
  • Les ressources, comme le pétrole, baissent déjà depuis quelques années. Cette baisse ne se stabilisera qu’en 2060

Quelles sont les conséquences de ces changements ?

Production industrielle

Concernant la production industrielle, une telle chute signifie que la demande n’est plus aussi forte qu’avant ou alors simplement que les ressources disponibles baissent grandement, comme on peut le voir sur le graphique. Une baisse de la production industrielle amène une diminution des emplois dans les entreprises concernées, ce qui ferait donc augmenter le chômage. Beaucoup d’entreprises pourraient y laisser des plumes voire même « mourir » dans une telle situation.

Pollution

La pollution est un des seuls points positifs de ce graphique. Même si elle continue de grimper jusqu’en 2040 (le temps que l’on utilise encore les dernières énergies fossiles et que la nature « nettoie » un peu les petits déchets laissés par les humains), elle baisse ensuite pour laisser la place à une planète plus propre. Les changements ne seront pas forcément visibles car la nature pourrait en souffrir grandement et ne s’en remettrait pas en quelques années. C’est pourquoi l’Homme serait capable de recommencer à polluer avec d’autres substances ou d’autres découvertes.

Population

La baisse de la population est également une chose plutôt positive. La Terre a actuellement beaucoup trop d’êtres humains, ce qui engendre non seulement un problème de place (et donc les prix des logements augmentent) mais également un problème au niveau de la nourriture et des ressources comme le pétrole (et oui, plus il y a de gens qui veulent se déplacer, plus on va en utiliser). Une baisse du nombre d’humains serait certainement bénéfique pour la Terre. Ceci ne veut pas forcément dire que plein de gens vont mourir ou qu’une guerre va en tuer beaucoup (même si cela risque d’arriver), mais simplement que les naissances vont baisser.

Production de services

Je ne sais pas exactement à quoi ce terme correspond et je n’ai pas réussi à trouver d’explication malgré mes recherches. Au vu de l’évolution, je comprends ceci comme par exemple Uber. Ceci est un service de chauffeur privé et on voit de plus en plus de services dans le genre arriver de nos jours. Par exemple, il existe aux USA des personnes qui viennent récolter vos habits sales, les amènent à la laverie puis ils vous les ramènent une fois que tout est fait. AirBNB et toutes les autres sociétés numériques qui proposent des services à prix très concurrentiels sont également concernés (source).

Nourriture

La baisse des ressources en nourriture sera une des causes de la baisse de la population, beaucoup de gens, sûrement dans les pays défavorisés ou en voie de développement, risquent de mourir de faim. Ceci pourrait être vu d’un mauvais œil, mais je ne sais pas s’il s’agit seulement de la nourriture « naturelle » ou si la nourriture chimique est aussi prise en compte. Si cette dernière fait partie de cette baisse, on pourrait l’interpréter comme une bonne nouvelle, cela serait un retour à une alimentation plus saine, même si les ressources seront moins grandes. Cependant, nous jetons beaucoup de nourriture de nos jours, notre consommation pourrait être bien inférieure à la consommation actuelle, c’est peut-être aussi pour cela que la baisse sera énorme (si les ressources diminuent, nous gaspillerons moins).

Ressources

Il s’agit ici des ressources non renouvelables encore disponibles. C’est un sujet qui est plutôt d’actualité. Il y a quelques années, on nous annonçait que les ressources de pétrole arrivaient au bout. Depuis, de grandes nappes ont été découvertes en arctique, nous ne sommes donc plus si près de la fin du pétrole, bien que celle-ci ne sera pas reportée de plusieurs centaines d’années. Le pétrole n’est pas le seul exemple, mais c’est en général le plus parlant.

Comment s’y préparer

Ce n’est pas facile d’accepter cela et pourtant c’est quelque chose qui risque grandement d’arriver dans les années à venir. On ne pourrait apparemment pas stopper le processus, mais il est possible d’adoucir la transition entre notre mode de vie actuel et celui que nous aurons après ce « crash ».

Tout d’abord, essayez de passer par la réflexion, de vous demander ce qu’il va se passer et comment les êtres humains vont s’adapter. Cette réflexion ne se fait pas en 10 minutes mais en plusieurs semaines voire plusieurs mois. La conclusion à laquelle vous pouvez arriver ne sera pas forcément représentative de la future réalité, mais vous aurez au moins passé en revue une bonne partie des possibilités.

Ensuite, il peut être judicieux d’abaisser son niveau de vie actuel. C’est facile à dire mais très difficile à faire. Le but n’est pas non plus d’aller vivre à la campagne sans eau courante ni électricité du jour au lendemain. De simples petits gestes comme le fait de baisser le chauffage mais de s’habiller plus chaudement, d’acheter moins à manger pour jeter moins, de prendre plus souvent les transports en communs plutôt que la voiture, même si cette dernière est extrêmement pratique. Pour finir, faites attention à l’eau et à l’électricité que vous consommez, ce n’est pas très difficile d’éteindre une lumière lorsque vous quittez une pièce, mais si tout le monde le faisait, on ferait de sacrées économies.

Un des derniers points que j’ai trouvé pour s’y préparer rejoint en quelque sorte le premier. Il s’agit « d’accepter ce futur », cela ne veut pas pour autant dire qu’il faut s’en réjouir, mais au moins l’accepter et se dire qu’on ne vivra plus comme on vit maintenant dans un certain temps. Ce processus est encore une fois long et voir les aspects positifs de la collapsologie est difficile, tant les aspects négatifs sont nombreux et effrayants par rapport à notre confort actuel. Je ne peux que vous inviter à réfléchir sur le sujet pour vous faire votre propre idée.

Un espoir ?

Et oui, dans tout cela il y a quand même de l’espoir, aussi mince soit-il. On ne sait jamais ce qu’il peut se passer, des scientifiques qui découvriraient une source d’énergie infinie, ou presque, et qui soit écologique. La technologie est un domaine qui avance à une vitesse fulgurante, pas toujours pour le meilleur, mais il n’est pas impossible qu’une découverte révolutionnaire soit faite dans les années à venir.

Si on prend le point de vue d’un chef d’une grande entreprise ou quelqu’un étant à la tête d’une grosse fortune, l’effondrement de la société doit être un de leurs pires cauchemars. La production industrielle baissant, le bénéfice chutera également et donc moins d’argent arrivera sur leur compte. Même s’ils ont déjà énormément d’argent, ils en veulent toujours plus, si une entreprise fait des bénéfices moins importants que l’année précédente, elle licencie parfois de nombreux employés pour faire des « économies » afin de payer les actionnaires. Ils licencient même parfois alors que les bénéfices augmentent, comme Novartis, le géant suisse de l’industrie pharmacologique (source).

L’observation de l’espace pourrait, peut-être, nous apporter des informations vitales, les expériences spatiales et autres conquêtes de l’univers sont susceptibles d’amener de bonnes nouvelles pour notre futur.

Pour finir sur l’espoir, et ce n’est que mon avis, mais ce « crash » n’est-il pas une bonne étape pour l’Humanité ? Cela nous permettrait de nous remettre en question sérieusement, plutôt que de se dire « Ah ouais on consomme trop, mais bon moi ça va par rapport à lui/elle/eux ». Nous sommes dans une société de plus en plus individualiste qui demande des performances toujours plus hautes et sophistiquées. Je suis sûr que l’on pourrait se contenter d’un avenir un peu moins « confortable » mais tout aussi vivable.

Conclusion

La collapsologie ne fait pas tellement rêver, cependant elle permet de voir le monde d’une autre manière et de se préparer à un futur presque certain, bien qu’il soit opaque. Pour plus d’informations, vous pouvez lire l’article « Tout va s’effondrer alors … Préparons la suite », étant une interview de Pablo Servigne. Il parle de son livre mais également du sujet en général.

Merci d’avoir pris le temps de lire cet article et n’hésitez pas à réagir à ce sujet.

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DevSk0re

Jeune étudiant en psychologie et informatique, passionné par les nouvelles technologies et le sport. Retrouvez-moi sur Twitter et Instagram.

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